CORPUS : documents 51 à 60

DOCUMENT 51

TELEGRAMME D’YVES MERIC DE BELLEFON A GASTON HENRY-HAYE

13 juillet 1942

 

Courrier dactylographié

 

 

TRANSCRIPTION

(Mention manuscrite)

Lulu Chercher (illisible)

au dossier San Francisco                                                                  M. Char ????

 


                                                                                                          San Francisco, le 13 juillet 1942
                                                                                                                      Reçu le 14 juillet

 

 

 

 

N° 22

 

 

En transmettant à M. de Bishop (sic) les formules
de l’immigration, je serais désireux de lui commu-
niquer votre réponse à ma lettre 98 du 11 Juin./.

 

 

                            BELLEFON

 

 


DOCUMENT 52

NOTE DE GASTON HENRY-HAYE A YVES MERIC DE BELLEFON

18 juillet 1942

 

Copie dactylographiée

 

 

TRANSCRIPTION


                                                                                                          Washington, le 18 juillet 1942

 

 

 

 

 

FRANSULAT SAN FRANCISCO

 

N° 260

 

 

 

Je réponds à votre télégramme n°22.

En insistant auprès de M. de Bischop (sic) pour
qu’il se conforme le plus tôt possible à la régle
mentation américaine d’enregistrement concernant
les ressortissants étrangers résidant aux Etats-
Unis (le délai d’inscription étant dès maintenant
expiré), vous voudrez bien lui indiquer que le rè-
glement de son indemnité sera effectué conformément
à votre suggestion, par chèque mensuel endossé à son
ordre par votre Consulat./.

 

                                        HENRY-HAYE


DOCUMENT 53

NOTE D’YVES MERIC DE BELLEFON A GASTON HENRY-HAYE

5 août 1942

 

Dactylographie

 

 

TRANSCRIPTION

Consulat Général de France                                       manuscrit       M de Panafieu
à San Francisco                                                                                 M de La Girandole ????

  _______                                                         San Francisco, le 5 août 1942

  No. 111

  ______

 

(tampon)

Ambassade de France

Aux Etats-Unis

AUG 10 1942

Dossier 46

 

M. YVES MERIC DE BELLEFON, MINISTRE
PLENIPOTENTIAIRE, CHARGE DU CONSULAT GENERAL DE
FRANCE A SAN FRANCISCO,

A SON EXCELLENCE MONSIEUR GASTON HENRY-
HAYE, AMBASSADEUR DE France AUX ETATS-UNIS, A
WASHINGTON.

 

 

A/s.- M. Eric de Bisschop.

 

 

Me référant au Bordereau de l’Ambassade,
en date du 6 Juillet dernier, j’ai l’honneur de
lui adresser, sous ce pli, la copie d’une lettre
par laquelle M. Eric de Bisschop m’a renvoyé les
formulaires joints au bordereau précité, et dûment
signés par lui.

Je transmets, de mon côté, à notre ancien
Agent Consulaire à Honolulu le chèque que Votre
Excellence a bien voulu me faire parvenir à la date
du 29 juillet dernier (indemnité d’avril)./.

 

(signature manuscrite)                                             Bellefon


DOCUMENT 54

LETTRE D’ERIC DE BISSCHOP A YVES MERIC DE BELLEFON

26 juillet 1942

 

Copie dactylographiée

 

 

TRANSCRIPTION

                                                             COPIE
                                                                                                                        « Par avion »
Pièces jointes

double exempl. Form. FA-1                                         Honolulu, le 26 juillet 1942
double exempl. Exhibit C

 

 

 

Monsieur de Bellefon

Ministre de France

Consulat Général de France

San Francisco.

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Je vous suis infiniment reconnaissant pour l’inté-
rêt que vous me témoignez ; cette indemnité, si minime, m’ap-
paraît étonnamment importante, apportant dans la vie absolu-
ment dépendante que je suis obligé de mener pour le moment,
un semblant d’indépendance.

J’ai bien reçu votre lettre par avion du 11 Juin,
je ne dirais pas « en son temps » car elle ne me parvint
que .. le 13 Juillet. Votre lettre du 21 Juillet, accompa-
gnant les formulaires à remplir du « Foreign Registration Act »
(ci-joints), m’arrive, au contraire, dans des délais extraor-
dinairement rapides pour l’époque.

On m’a laissé entendre à la Military Intelligence
un rappel possible de la mesure prise contre moi, le 13
Décembre dernier par le State Department. Personnellement
je n’ose y croire : ceci apparaîtrait, en effet, un trop
apparent camouflet à ceux qui crurent pouvoir tramer dans
l’ombre, contre le « Vichy man de Honolulu » les fils grossiers
de leur roman.

Au sujet des activités « anti-Vichy » de certains
de nos ex-amis et a(c)colytes, vous nous avez donné, Monsieur
le Ministre, à ma femme et à moi, un fin régal.. par la
lecture de votre lettre, parue dans le « Courrier du Pacifique ».
Nous avons beaucoup apprécié le froid humour de vos coups
directs, assénés à la personnalité (si je puis dire) du
dénommé Foy.

J’apprends aussi, dans ce même Courrier, avec
satisfaction que, à San Francisco comme ici, les ennemis de
la France du Maréchal se signalent à l’attention publique
par leur maladresse politique, leur manque d’éducation et
leurs prétentions ridicules. Ils se font, sans s’en douter,
les meilleurs propagandistes de notre France, donnant par cha-
cune de leurs « activités » une occasion aux Autorités Américai-
nes de se rendre compte, chaque jour un peu plus de … bien
des choses.

Croyez, Monsieur le Ministre, en mes sentiments
reconnaissants et à mon plus entier dévouement.

 

                     (Signé) E. de Bisschop.

 


DOCUMENT 55

NOTE DE GASTON HENRY-HAYE A CORDELL HULL

10 août 1942

 

Dactylographie

 

 

TRANSCRIPTION

 

L’Ambassadeur de France aux Etats-Unis présente
ses compliments à Son Excellence le Secrétaire d’Etat
et a l’honneur de se référer à la note du Département
d’Etat en date du 2 juillet 1942 concernant l’enregis-
trement de certaines personnes employées ou subvention-
nées par des gouvernements étrangers ;

L’Ambassadeur de France serait reconnaissant
à Son Excellence le Secrétaire d’Etat de vouloir bien
assurer la transmission au Département de la Justice
des formulaires ci-joints concernant M. Eric de Bisschop.

M. de Bisschop, ancien Agent consulaire de
France à Honolulu, a été privé de la reconnaissance
par une décision du Gouvernement fédéral le 13 décembre
1941 et a effectivement cessé ses fonctions à cette
date. Depuis lors, et comme le Département d’Etat en a
été avisé verbalement, il lui est versé mensuellement
à titre d’indemnité la somme de $50, par l’entremise du
Consulat Général de France à San Francisco.

M. Henry-Haye est heureux de saisir cette occa-
sion pour renouveler à l’Honorable Cordell Hull les
assurances de sa très haute considération.

 

 

Son Excellence

              L’Honorable Cordell Hull,

                          Secrétaire d’Etat des Etats-Unis,

                                      Washington,

                                                  D.C.

 

   JG/YF


DOCUMENT 56

LETTRE D’ERIC DE BISSCHOP A GASTON HENRY-HAYE

13 août 1942

 

 

Dactylographie.

 

 

 

                                                                                               Honolulu, le 13 août 1942

 

 

 

A

Son Excellence Gaston Henry-Haye

Ambassadeur de France

Washington

 

 

Monsieur l’Ambassadeur,

 

Nous vous remercions de votre aimable lettre par avion
du 24 juin (reçue le 25 juillet) et de l’offre que vous nous
faites de faciliter, le cas échéant, l’obtention des moyens de
notre retour en France.

 

Vous savez, Monsieur l’Ambassadeur, avec quelle confian-
ce je me suis déjà permis de m’ouvrir à vous. Permettez moi
de le faire une fois encore.

 

Pour que vous puissiez, en toute connaissance de cause,
m’indiquer la route à suivre, il me faut vous dire ici les
circonstances qui motivèrent mon envoi aux Hawaiis (sic) comme agent
consulaire de France, ce qui vous apprendra le but majeur que,
depuis des années, je poursuis dans le Pacifique.

Au début de la guerre, j’adressai à Monsieur Mandel[1],
alors Ministre des Colonies, une lettre lui exposant la situa-
tion générale de nos Iles Marquises (vers lesquelles j’allais
appareiller) et les mesures qu’il importerait de prendre dans
ce coin méprisé de notre Empire pour remédier à un état général
de choses vraiment déplorable.

Le Ministre me convoqua d’urgence à Paris et me chargea
bientôt d’une mission très importante par laquelle j’avais à
étudier les détails et les dessous de la situation prévalant
dans cet Archipel, mais encore et de plus me conférer[2] le droit d’indiquer
au Gouverneur des E.F.O. (alors Monsieur Chastenet de Gery[3], à qui
copie de mon ordre de mission fut dépêché) toutes mesures que
je jugerais utiles en vue d’un redressement de la situation.
En même temps que je devenais l’observateur du Ministère des
Colonies et le collaborateur du Gouverneur de Tahiti (dont les
Marquises dépendaient), Monsieur Mandel, en comprenant parfaite-
ment la partie humaine de ma mission, venait, en somme, de créer
un poste similaire à celui que le Commonwealth d’Australie a
avec grand succès établi depuis de nombreuses années, dans ses
Iles de Torres Straits, celui de « Protecteur des Indigènes ».

Ce fut avec joie et orgueil que nous appareillions, le
14 juin 1940 de Bordeaux, avec notre « Kaimiloa-Wakea » : j’allais
pouvoir consacrer ma vie à une noble cause, une cause humaine
donc parfaitement française ; et ma femme, par son enthousiasme
et la psychologie intuitive qu’elle avait de l’âme indigène
allait grandement me faciliter la tâche dans sa partie polynésienne.

 

FEUILLET 2

Hélas, huit jours plus tard, en Espagne, nous apprenions
la signature de l’armistice.

De Lisbonne, j’écrivais au Maréchal : avec lui, à la tête du
Gouvernement, je pensai pouvoir mener (manuscrit) accomplir, officiellement cette
fois, l’accomplissement de ma Mission, et me faire désigner
comme le « résident » des Marquises. Le Maréchal, à qui maintes
fois, j’avais exposé mes idées et le but que je m’étais donné
me donna cette assurance. Nouvel appareillage, la traver-
sée, cette fois, fut tragiquement interrompue dans les eaux de
las Palmas où un navire abordeur nous envoya par le fonds.
J’apprenais, en outre, le passage à la dissidence de nos
Etablissements Français d’Océanie[4]….

Le Maréchal nous envoya immédiatement un secours pour
nous permettre l’attente aux Canaries du jugement de l’Ami-
rauté espagnole contre le navire, cause du sinistre, et notre  
retour à Vichy.

Ma femme avait quitté Honolulu, trois ans auparavant[5], y
laissant sa fille aux soins de ses Parents : elle brûlait du
désir de la retrouver ; le poste d’Agent Consulaire se
trouvant vacant, le Maréchal m’y fit désigner. Nous devions y
attendre, soit une éclaircie dans nos Iles du Pacifique, soit
la fin de la Guerre. Notre voyage aux Hawaiis nous fut
entièrement payé sur la cassette personnelle du Maréchal.
Je savais que mon Poste, surtout dans les circonstances
présentes, ne supposait aucune recette, mais j’allais habiter
dans la propriété de mes beaux-parents, et, pour y garder notre
indépendance, espérais faire quelque argent en écrivant des
articles pour la Presse américaine. Vous êtes au courant :
Collier’s me demanda une première étude qui, malheureusement
ne lui parvint qu’après la Déclaration de Guerre des Etats-
Unis : elle apparut alors aux Editeurs (et aussi sans doute
aux services de la Censure déjà alertés par d’antérieures
activités « pro Pétain ») contenir trop de vérités désagré-
ables pour l’heure. En fait, je crois aujourd’hui que cette
Etude, que je vous communiquai, déchaîna ces forces « anti
Maréchal » qui causèrent mon internement, internement qui me
permit, enfin, de découvrir toute l’étendue de mes crimes et
la sottise de « nos » ennemis.

 

Les Autorités Américaines sont aujourd’hui parfaites
à mon égard, mais ma situation, ici, par son inutilité,
me devient chaque jour plus insupportable. Sans doute pourrai-
je être employé si j’acceptais de prendre mes premiers
papiers américains, ce qui naturellement ne peut être envi-
sagé.

 

Il me reste alors deux alternatives : l’une, retour-
ner en France ; l’autre, essayer de « servir » malgré les
circonstances difficiles présentes, dans le Pacifique (ce qui
je crois serait encore possible comme je l’expliquerai plus loin).

 

FEUILLET 3

Retourner en France.. ma femme et moi l’aimerions beau-
coup, mais nous ne pouvons accepter d’y dépendre, comme ces
dernières années de la générosité du Maréchal et de la Maré-
chale. Nous aimerions savoir, avant de partir, si, en France, au
Maroc, ou ailleurs, je pourrais être utilement employé.
Je ne sais si le Maréchal a été mis au courant et de ma der-
nière aventure et de ma situation présente : je n’ai pas vou-
lu moi-même l’importuner de mes petites difficultés person-
nelles ; cependant, au cas où vous me conseilleriez notre
retour en France, nous vous serions extrêmement reconnaissant
si vous pouviez l’informer de notre désir.

 

La deuxième solution serait de rester dans le Pacifique,
si une occasion se présentait d’y être utile.

J’en vois une qui, à mon avis, avec l’accord et l’aide du Gou-
vernement Américain, pourrait être saisie.

Il me faut, ici, Monsieur l’Ambassadeur, vous avouer ce que,
en toute conscience et honneur, je pense de notre politique
actuelle dans le Pacifique. Notre situation d’Indo-Chine, qui
je le sais, nous fut imposée à la suite d’un concours de cir-
constance et fut en grande partie la résultante d’une politi-
que.. d’attente des Etats-Unis, me reste toujours difficile à
comprendre. La connaissance qu j’ai de l’âme orientale et de
son évolution dangereuse.. mais logique, me permet d’affirmer
qu’aux yeux des Japonais comme bientôt aux yeux de tous les
Orientaux, nous n’apparaîtrons, nous Français, que comme des
« Blancs » semblables aux autres ; si, par notre Génie, notre
humanité et surtout le respect que nous avons pour toute race
quelque (sic) soit sa culture.. ou sa couleur, nous avons pu nous
maintenir jusqu’aujourd’hui en Extrême Orient et y être les
derniers représentants de la race blanche, nous commettrions
une grossière et fatale erreur si nous pensions y maintenir
cette unique position.

Cette guerre du Japonais n’est pas seulement une révolte con-
(tre) l’Impérialisme anglo-saxon », elle est, causé(e) par celui-ci,
une croisade contre le « Blanc ». Si le Japon, à qui beaucoup
de Blancs ont donné par leur égoïsme les moyens de devenir
le leader de cette croisade, ne peut être réduit, dans un
avenir prochain, à courber la tête, si nous n’arrivons, par
une victoire rapide, à canaliser les forces naturelles d’ex-
pansion de ce Pays, dans des limites largement « humaines » et
logiquement géographiques, nous pouvons sonner le glas de
l’influence blanche dans ce coin, vital pour nous, du Monde.
L’Allemagne, que les nécessités de la Guerre ont rappro-
chée du Japon, le sait tout aussi bien que nous.. mieux peut-
être.

Si nous, FRANÇAIS, en tant que BLANCS nous voulons tenir la
place qui nos revient dans la reconstruction du Monde nous
avons le devoir d’être, aujourd’hui les Alliés de l’Amérique
dans sa guerre du Pacifique ; nous avons le devoir de l’aider
(autant que nous le pouvons) à éteindre en Extrême-Orient cet
incendie dévastateur que son actuelle Alliée, l’Angleterre a
su si bien préparer, pour nous tous, par sa continuelle politi-
(que) d’Exploitation, si outrageusement orgueilleuse et méprisante.

 

FEUILLET 4

 

C’est dans cet esprit que le 10 Août 1941 j’écrivais à Mon-
sieur Picot de votre Ambassade afin de lui exposer la situation
chaotique alors prévalente dans nos Etablissements Français d’
Océanie, et lui dire combien je croyais l’heure propice à une
reprise de contrôle de ces Archipels par la France en même temps
qu’à un moyen d’affirmer notre sympathie et notre solidarité
dans la guerre future du Japon contre l’Amérique.

C’est dans ce même esprit que je reviens ici au rôle actuel
qu’il pourrait m’être donné de jouer dans le Pacifique :
Nous avons, exactement sur la route stratégique Hawaii-Fidji-Aus-
tralie WALLIS et FUTUNA, qui, étrangement assez (selon les
dernières informations) ne sont pas encore « dissidentes »…
A Wallis, centre de l’Administration, nous aurions encore un re-
présentant de « Vichy » : celui-ci ne demanderait sans doute rien
de mieux qu’une occasion d’être enfin rapatrié. D’autre part,
il est hors de doute que, plus encore que Tahiti et les Marquises
etc., que les Etats-Unis occupent actuellement militairement,
Wallis apparaît comme de première importance, ne serait-ce que
pour les informations météorologiques (nous y avons une puis-
sante station de T.S.F.) Si les Etats-Unis n’ont pas encore
occupé ces Iles, ne pourrais-je avec l’accord et l’aide du Gou-
vernement Américain y être envoyé. Des démarches rapides à Was-
hington pourrai(en)t peut-être encore devancer la Dissidence.

 

Dernièrement, prenant avantage.. du fait que je n’étais
plus reconnu comme « officiel » de mon Pays par suite de mon status (sic)
de « personna non grata », je proposai à l’Amiral Nimitz mon envoi
ainsi que celui de ma femme et de sa fille à l’atoll minuscule,
de tragique histoire : Clipperton. J’espérais, ce faisant, aider
l’Amérique, en même temps que réaffirmer par cette occupation les
droits de souveraineté de la France. L’Amiral me répondit entre
autres choses en ces termes :

« My dear Mr. De Bisschop     Your letter of July 29 th, in witch (sic)
you and Mrs Bisschop volunteer to serve the United States at
Clipperton Island, is mutch (sic) appreciated. It is with satisfac-
tion that I note the unselfish desire to take an active
part in our great war.............................................................
Please be assured that should the opportunity arise for me
to take advantage of your generous offer, I will give the
matter careful consideration. It give (sic) me great pleasure to
thank you for your interest in our labors. Very truly yours.

                                                             C.W. NIMITZ Admiral, U.S. Navy,

                                                             Commander-in-Chief

                                                             United Pacific Fleet.

 

Avec l’espoir qu’il me sera enfin donné un jour de “servir”
effectivement, soit en France, soit dans le Pacifique.. ou ailleurs
et m’excusant de cette longue lettre et de la liberté que je
prends de me confier à nouveau à vous, je vous prie de croire,
Monsieur l’Ambassadeur, en mon profond respect et à mon entier
dévouement.

 

(signature manuscrite)                      E. de Bisschop

 

FEUILLET 5

 

P.S. Nous avons reçu hier de Vichy (par avion et datée 21
Juin) une lettre de la Marquise de Kerouartz, que vous
connaissez, je crois ; elle nous dit au sujet du Maréchal

« Nous passons trois jours, avant de regagner Paris,

auprès de nos grands Amis : ils sont remarqua-

blement bien….Il a rajeuni encore depuis l’an passé

et nous le trouvons mieux que jamais avisé des

grandes questions, énergique et fort. »

Que Dieu nous le garde et lui accorde la suprême joie et
récompense de revoir sa France plus rayonnante que jamais

 

(signature manuscrite)                      EDB   

(Addition manuscrite)

Je reçois à l’instant le chèque de 50 $

de Monsieur de Bellefon (indemnité

du mois d’Avril).

Merci de tout cœur pour l’intérêt

et la sympathie que vous nous montrez.

  E. de Bisschop

 


DOCUMENT 57

LETTRE DE   ERIC DE BISSCHOP A PHILIPPE THIOLLIER

27 août 1942

 

Copie dactylographiée

 

 

TRANSCRIPTION



Consulat Général de France                                     (manuscrit) ????????

 

 

 

                                                                       Copie

 

 

                                                                       Honolulu, T.H.,158, Dowsett Ave.

 

 

 

Monsieur Philippe THIOLLIER

            Agent Général de France                                                                 18 août 1942

                        San-Francisco.

 

 

 

Cher Monsieur et Ami,

 

Veuillez, je vous prie, remercier de ma part
Monsieur de BELLEFON pour la diligence avec laquelle il m’envoya
le chèque de $50.00, représentant mon indemnité pour le mois d’avril ;
j’avais cependant espéré une somme plus rondelette comprenant les
mois de mai, juin, juillet, et peut-être août… ayant quelques petites
dettes à régler.

Ma femme me demande de vous dire combien elle
est sensible à votre bon souvenir.

Nous aurons sans doute l’occasion de vous revoir
bientôt, car Monsieur Henry-Haye, à qui j’ai dit mon insupportable en-
nui de rester ici sans pouvoir d’aucune façon y travailler utilement
pour notre pays, a bien voulu me proposer de faciliter, si je le vou-
lais, notre voyage de retour en France.

Croyez, cher Monsieur et Ami, en nos sentiments
les plus sympathiques ;

 

                                   (signé) Eric de BISSCHOP


DOCUMENT 58

NOTE DE CORDELL HULL A GASTON HENRY-HAYE

27 août 1942

 

Dactylographie, anglais

 

 

TRANSCRIPTION




Tamponné

Ambassade de France

Aux Etats-Unis

AUG 27 1942

Dossier 96

(Manuscrit)                                         M. de La Grandville

 

 

The Secretary of State presents his compliments
to His Excellency the Ambassador of France and, with
reference to His Excellency’s note, dated August 10,
1941, has the honor to inform him that the registra-
tion statement on form FA-1, executed by Mr. Eric de
Bisschop, enclosed therewith is being transmitted to
the Department of Justice, together with a copy of the
Ambassador’s note under acknowledgment.

 

 

 

 

 

 

Department of State,

 

Washington,

 

(tampon)                     August 27, 1942

 

_800.01B11 Registration:1394


DOCUMENT 59

NOTE DE GASTON HENRY-HAYE A CORDELL HULL

24 septembre 1942

 

Dactylographie

 

 

TRANSCRIPTION

                                                                                                          le 24 septembre 1942

 

 

L’Ambassadeur de France présente ses compliments
à Son Excellence le Secrétaire d’Etat et a l’honneur
de se référer à la note de cette Ambassade, en date
du 10 Août 1942, concernant l’enregistrement de M.
Eric de Bisschop, ancien Agent Consulaire de France
aux Iles Hawai, résidant actuellement à Honolulu.

Cette note indiquait qu’une somme de $50.--
était versée mensuellement à M. de Bisschop, à titre
d’indemnité, par l’entremise du Consulat Général de
France à San Francisco.

Ce versement fut effectué pour la première fois
au mois de Mars 1941 (sic). Suspendu pour les mois d’Avril,
de Mai et de Juin, il fut repris au mois de Juillet,
et assuré, régulièrement, depuis lors.

Pour compenser le montant des indemnités non
effectuées pendant les trois mois précité, l’Ambassa-
deur de France à l’intention de joindre une somme de
$150.--     correspondant à ces trois mensualités, au
versement qui sera effectué en Septembre.

Afin de se conformer aux règlements concernant
l’enregistrement des personnes subventionnées par un

 

 

Son Excellence

       L’Honorable Cordell Hull

                   Secrétaire d’Etat des Etats-Unis

                               Washington, D.C.

FEUILLET 2


Gouvernement étranger, l’Ambassadeur de France désire
porter ce qui précède à la connaissance de Son Excellence
le Secrétaire d’Etat./.

M. Henry-Haye est heureux de saisir cette occasion
pour renouveler à l’Honorable Cordell Hull les assuran-
ces de sa haute considération.

 

 

CN/CLC.


DOCUMENT 60

LETTRE DE GASTON HENRY-HAYE A ERIC DE BISSCHOP

25 septembre 1942

 

Dactylographie

 

TRANSCRIPTION

                                                                                                          28 septembre 1942

 


Cher Monsieur de Bisschop,

Votre lettre du 13 Août m’est récemment parvenue.
Je tiens à vous remercier pour les sentiments de con-
fiance que vous voulez bien m’y exprimer. Je comprends
et j’apprécie votre désir de ne pas rester inactif malgré
les difficultés auxquelles vous vous heurtez.

J’ai considéré avec attention vos suggestions
concernant votre détachement éventuel dans le Sud-Paci-
fique ou votre retour en France.

D’après mes informations, les îles Wallis et Futuna
seraient passées aux mains des éléments dissidents. Je
ne pense pas, d’autre part, que le Département d’Etat
faciliterait, dans les circonstances actuelles, votre
transfert de Honolulu vers une possession française du
Sud-Pacifique. Je crains donc que votre proposition ne
puisse être retenue.

Votre retour en France me paraît être une solution
préférable, si toutefois vous étiez assuré d’y trouver
un emploi. J’ai télégraphié, à cet effet, au Ministère

 

FEUILLET 2


des Affaires Etrangères pour demander s’il serait possible
d’utiliser vos services dans la Métropole ou en Afrique du
Nord.

Je vous tiendrai au courant de la réponse qui me sera
faite.

Je vous fais parvenir, d’autre part, par l’entremise
de notre Consul Général à San Francisco, une somme de $200.--
correspondant au versement de votre indemnité pour Septem-
bre et pour les trois mois pendant lesquels cette indemnité
ne vous a pas été versée.

Pour me conformer aux règlements du Département de
la Justice sur l’enregistrement de personnes subventionnées
par des Gouvernements étrangers, j’ai fait connaître au
Département d’Etat mon intention de vous verser une somme
de $200.-- dans le courant de septembre./.

Je vous demande de croire, Cher Monsieur de Bisschop,
à mes sentiments les meilleurs.

 

M. Eric de Bisschop

158 Dowset Avenue

       Honolulu,

                   Hawai.

 

N/CLC




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