2 TAHITI-NUI I : Michel Brun / Jaime Bustos Mandiola

MICHEL BRUN (1930-2004) 

Né le 13 juin 1930 à Paris, Michel Brun devient mousse en 1945, puis suit les cours d'une école d'hydrographie dont il sort lieutenant en 1949. Son premier engagement le mène à Tahiti où il s'établit. Il effectue cependant son service militaire à Casablanca en 1952-53, puis revient à Tahiti où il retrouve son frère Alain. Breveté capitaine en 1954, il entre au service de la Compagnie des Phosphates d'Océanie comme second à bord de la goélette Oiseau des Iles, trois-mâts assurant la liaison entre Papeete et Makatea, commandé par Robert Argod.
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Marié en janvier 1956 avec une Chinoise de Tahiti, Amoy, Michel Brun se fait malgré tout admettre  dans l'expédition à la suite d'une défection et participe à la construction du radeau. Pendant la traversée, il assume les fonctions de météorologue, de navigateur et de radio ; il est aussi l'infirmier de bord, sans beaucoup exercer cette fonction.
Après l'arrivée au Chili, passés les premiers jours de liesse, il considère que l'expédition est terminée et rentre à Tahiti via Panama, à ses propres frais. Il retrouve un emploi à la Compagnie des Phosphates, mais pas dans le même poste, dont il avait démissionné. C'est un poste à terre, qui lui laisse assez de temps libre pour écrire son livre, en partie avec le concours de son frère Alain.

Par la suite, il a vécu au Japon et au Paraguay, où il est décédé en 2004, à Asuncion. Entre temps, il a eu des activités en Polynésie dans les domaines de la pêche et de l'aviation.
Il s'est aussi intéressé à la linguistique (il connaîssait notamment le tahitien, le chinois, le japonais) et à l'histoire polynésienne. Un autre livre de lui a été publié récemment :

Eteroa. Mythes, légendes et traditions d'une île polynésienne. Editions Gallimard (collection "L'Aube des peuples"), Paris, 2007. Préface d'Edgar Tetahiotupa.

Il s'agit d'une édition de textes provenant de l'île de Rurutu. Malgré la caution d'un Polynésien docteur en anthropologie et des éditions Gallimard, le livre de Michel Brun est vivement critiqué par les spécialistes, qui lui reprochent de ne pas avoir publié le texte tahitien, de traduire de façon laxiste et de tirer l'interprétation dans le sens de sa thèse, celle d'un peuplement de la Polynésie à partir de l'Amérique du Sud :
*http://jso.revues.org/index5770.html (Journal de la Société des Océanistes)
*http://lhomme.revues.org/index21201.html (Revue L'Homme)

LA TRAGEDIE DU TAHITI-NUI


PRESENTATION

Publié en 1959 par les éditions Flammarion dans la collection « L'Aventure vécue », ce livre se compose de deux parties : "L'expédition du Tahiti-Nui" ; "L'expédition de retour, Tahiti-Nui II et IIl".
L'ensemble comporte une longue dédicace :
A mon père et à ma mère qui voulaient faire de nous des hommes.
A ma femme, Amoy, autre moi-même.
A la Mer, qui révèle aux hommes ce qu'ils sont : seulement des hommes.
Je dédie ce livre.
La première partie est parallèle à Cap à l'Est, mais est écrite de façon probablement plus pédagogique et plus neutre que le livre d'Eric de Bisschop.
La seconde partie comporte une dédicace spécifique : A la mémoire d'Eric de Bisschop. Cette seconde partie évoque le séjour au Chili de Michel Brun, puis le voyage du Tahiti-Nui II, sous forme d'un entretien, manifestement recomposé, entre Michel et Alain Brun, après le retour de celui-ci en septembre 1958. 

La suite à paraître ultérieurement  

Cartes

Photos  

 

CONTENU DU LIVRE


Jaime Bustos Mandiola : Les Mascottes du Tahiti-Nui 


Présentation de l'ouvrage

Les Mascottes du Tahiti-Nui, Editions G.P. (Collection Rouge et Or, Dauphine), Paris, 1959, est traduit de l'espagnol (Las mascotas de la Tahiti Nui, Editora Austral, Santiago du Chili, 1957 et G.P., Barcelone, 1959).
Il s'agit d'un livre pour enfants qui raconte l'expédition Tahiti-Nui I du point de vue d'un des chats embarqués comme mascottes. 
Il est précédé d'un court Avant-propos par Eric de Bisschop (page 8) et suivi d'un Appendice, une assez longue rétrospective de la vie du navigateur, signée Jean Ollivier, auteur de bandes dessinées du journal Vaillant qui travaillait aussi pour G.P. (pages 231 à 251).
Le récit est en gros conforme à celui de Cap à l'Est, gommant simplement les aspects conflictuels relatés par Eric de Bisschop et Michel Brun.

L'auteur
Le nom de Jaime Bustos Mandiola apparaît sur plusieurs sites Internet comme celui de l'auteur de quelques livres, outre les Mascottes du Tahiti- Nui, sa première publication :

- El delito de Omar Jarpa, RIL Editores, Santiago du Chili, 2003.

- Crónicas de un ex locutor de radio (años 50-60) y muchísimo más…, Bravo y Allende editores, Santiago, 1996.

- Chilenidades: de la conquista al centenario 1910: mil reseñas de nuestra historia clasificadas por rubro. Chillán, 1987.

Dans l’Avant-propos aux Mascottes, Eric de Bisschop présente Jaime Bustos Mandiola comme le Secrétaire de l’expédition au Chili, chargé notamment d’organiser la réception à l’arrivée à Valparaiso. C’est aussi lui qui prend en charge les mascottes par la suite. Ses fonctions extérieures ne sont pas évoquées. 
Dans le récit, Jaime Bustos Mandiola entre en scène à partir de la page 186, lors de l’arrivée du Baquedano à Valparaiso : il est présenté (fictivement, par le chat narrateur) comme proche de Carlos Garcia Palacios, consul du Chili à Tahiti, qui a joué un rôle important dans l’organisation de l’expédition :

Je vis le consul grimper par l’échelle… Il était suivi d’un jeune homme qui semblait être son secrétaire, car je remarquai qu’il [Jaime]  portait son éternel appareil photographique [celui du consul].

Dans les années 1950, Jaime Bustos Mandiola devait travailler dans une station de radio et être plus ou moins au service de Carlos Garcia Palacios.


Jean Ollivier (1925-2006)

Il existe une page Wikipedia relativement détaillée à son sujet. 

En ce qui concerne la biographie d'Eric de Bisschop, la rétrospective de Jean Ollivier fournit les précisions suivantes :

- le départ comme mousse sur le Dunkerque aurait eu lieu à l’âge de 14 ans, donc en 1905 ;

- par la suite, il aurait « préparé les examens de l’Ecole d’Hydrographie » : il devient successivement « pilotin, lieutenant de pont », puis « passe le brevet de capitaine au long cours ». En revanche, la localisation de cette école n’est pas précisée (il pourrait s'agir de Dunkerque, où une école d'hydrographie existe au XIX° siècle), pas plus que les modalités de son cursus.

 

Pour le reste, pas d’information originale : Jean Ollivier suit assez fidèlement les ouvrages d'Eric de Bisschop.

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