1 Biographie d'Eric de Bisschop jusqu'en 1941

Pour la période 1891-1939, il  ne s'agit que d'un aperçu ; une étude biographique plus détaillée est en cours d'élaboration dans la seconde partie du blog.

1891-1939

Eric de Bisschop est né à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais) en 1891. La famille de Bisschop a certainement des liens assez étroits avec Philippe Pétain, présenté par certains auteurs comme parrain d'Eric. Les études que celui-ci a faites ne sont pas connues dans le détail, mais il a reçu une formation dans la marine marchande ; durant la guerre, il est  mobilisé avec le grade d’enseigne de vaisseau puis est orienté vers l'aviation. Au début des années 1920, il dirige une entreprise de négoce maritime puis part pour la Chine en 1927 ; en 1931 a lieu sa rencontre avec Joseph Tatibouet, alors inspecteur de police à la concession française de Hankou (Wuhan) , qui va être son coéquipier jusqu'en 1938.
De 1932 à 1935 a lieu l'expédition du Fou Po (une jonque chinoise) dans le sud-ouest de l’océan Pacifique. Cette expédition se termine assez mal : rétention par les autorités japonaises à Jaluit (îles Marshall) durant l'été 1935 : ils sont plus ou moins soupçonnés d’espionnage ; départ en urgence vers les îles Hawaii, traversée durant laquelle, faute de vivres en suffisance, ils manquent mourir de faim ; destruction du Fou Po par une tempête le lendemain de leur arrivée à Kalaupapa (île Molokai) le 25 octobre 1935.
A Honolulu, Eric de Bisschop construit la double pirogue Kaimiloa et fait la connaissance de Constance Constable, une Américaine d’Hawaii, qu'il épousera à la fin de 1938, après avoir rejoint la France (Cannes) à travers les océans Pacifique, Indien et Atlantique (7 mars 1937-23 mai 1938). En 1939, il publie son récit Kaimiloa, et commence la construction d'un nouveau bateau, le Kaimiloa-Wakea, en vue de repartir vers le Pacifique, avec cette fois son épouse comme coéquipier. Durant cette période, les liens avec Pétain se confirment, notamment par un séjour d'Eric et Constance dans sa villa de Villeneuve-Loubet.


1939-1941
Cette période est bien renseignée grâce au document 56 du corpus, daté du 13 août 1942. Il s'agit d'une lettre explicitement autobiographique d’Eric de Bisschop à Gaston Henry-Haye, l'ambassadeur de France à Washington.

Eric de Bisschop indique que l'objectif initial du Kaimiloa-Wakea était les îles Marquises ; au début de la guerre, il a pris contact avec Georges Mandel, ministre des colonies, qui l’aurait chargé d’une mission d’observation aux Marquises, mission qu’il compare à la fonction australienne du « Protecteur des Indigènes »(1). Le bateau quitte Bordeaux le 14 juin 1940 ; Eric de Bisschop apprend l’armistice alors qu’il se trouve au large de l'Espagne. Prenant contact avec Pétain depuis Lisbonne, il aurait reçu de lui l’assurance d’être nommé résident aux Marquises. Mais son bateau est coulé par un navire dans le port de Las Palmas (Canaries). Avec l’assistance financière personnelle de Pétain, Eric de Bisschop reste assez longtemps à Las Palmas, afin d’attendre le règlement judiciaire de l’accident. Durant ce séjour, les Etablissements français d’Océanie étant passés à la France libre, il est nommé(2) agent consulaire à Honolulu, où sa femme souhaite retourner (3) . Le voyage interrompu se poursuit par voie maritime, via les Etats-Unis, toujours aux frais personnels de Pétain. Eric de Bisschop et son épouse quittent San Francisco le 1° août 1941 (Document 11) et il occupe son poste diplomatique à partir de son arrivée à Honolulu.

(1) Précisément, il évoque la fonction de « Protecteur des indigènes » dans le détroit de Torres Straits

(2) La nomination officielle a lieu en avril 1941 (Document 4)

(3) Constance de Bisschop a en effet une fille (Yolanda) d’un précédent mariage, restée depuis 1938 à Honolulu avec ses grands-parents ; le père de Constance s’appelle « A. C. Constable » (document 20, Honolulu Star-Bulletin).

 


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